Titulaires, suppléants… mais tous élus

Le Code du travail fixe, dans sa partie réglementaire, un nombre égal de titulaires et suppléants. Ce nombre varie en fonction de l’effectif de l’entreprise ou de l’établissement, atteint au premier tour des élections professionnelles. Désormais, il est permis de négocier, dans le cadre du protocole d’accord préélectoral (PAP), non seulement l’augmentation mais aussi la diminution du nombre d’élus en lien avec les heures de délégations (article L. 2314-7 du Code du travail). Drôle d’idée ?

Négocier à la baisse le nombre de représentants, il fallait oser alors que la fusion des instances réduisait déjà le nombre d’élus dans bien des situations. Cette nouveauté n’a toutefois pas souvent trouvé preneurs pour cette 1ère mandature de CSE. Si la négociation du PAP a pu porter sur la possibilité d’obtenir des élus additionnels, peu d’employeurs ont répondu favorablement se satisfaisant du nombre fixé par le décret. Peut-on espérer mieux au moment des renouvellement ? N’hésitez pas à rappeler les difficultés rencontrées pour impliquer les suppléants, pour vive un mandant sans CSSCT dans les petites et moyennes entreprises…

Titulaire ou suppléant ? Pour les élections du CSE, les salariés élisent deux catégories d’élus et les suppléants n’ont pas les mêmes attributs que les titulaires puisqu’ils ne votent pas et ne bénéficient pas légalement d’un crédit d’heures. Pour autant, ils n’en sont pas moins représentants du personnel à part entière. Ils ont accès aux informations (base de données économiques, sociales et environnementales – BDESE et documents de consultation) et ce, qu’ils remplacent ou non un titulaire. Les suppléants deviennent titulaires, temporairement ou durablement, en leur absence. La mécanique de remplacement permet de garantir les droits de vote pour la légitimité des décisions et résolutions du CSE prises lors des réunions, faisant en sorte que les suppléants puissent, en l’absence d’un ou plusieurs titulaires, assurer le fonctionnement du CSE.

Mais qui est « mon » suppléant ? La pratique n’est pas aussi simple qu’elle n’y paraît. De fait, avec le CSE, la loi indique que le suppléant n’assiste aux réunions qu’en l’absence du titulaire, et les élus rencontrent parfois des difficultés pour faire entendre à l’employeur cette nécessité. Cette situation impose encore plus qu’hier d’anticiper les absences pour permettre les remplacements. L’article L. 2314-37 fixe les règles. Attention, la loi a repris les règles qui s’appliquaient aux ex-délégués du personnel et non celles du comité d’entreprise (vs le CSE) ! Aussi, vous devez connaître les collègues ainsi que les catégories professionnelles des candidats, leur appartenance syndicale, le nombre de voix obtenues par chacun, l’âge de certains et enfin, s’ils sont élus ou non, titulaires ou suppléants. Parmi tous ces critères, seul le genre importe peu ici ! Nous vous conseillons d’établir un tableau des remplaçants en début de mandat, car il n’y a pas de binôme fixe titulaire-suppléant, mais un premier suppléant, un deuxième, un troisième en fonction du ou des titulaires absents. Le législateur a choisi de privilégier l’appartenance syndicale tout en priorisant, quand c’est possible, la catégorie du titulaire remplacé. Cette règle est d’ordre public. Autrement dit, interdit de procéder autrement.

Article rédigé par Ronan Darchen

Intelligence artificielle (IA) et CSE : Oui, vous avez votre mot à dire !

L’intelligence artificielle s’installe progressivement dans les entreprises. Elle peut concerner les outils RH, la gestion des plannings, l’analyse de données, la relation client ou encore certaines tâches administratives. Pour les élus du CSE, ce n’est pas un sujet abstrait. Dès lors qu’un outil modifie la façon de travailler, l’organisation d’un service ou les méthodes d’évaluation, […]

Apprentissage : ce qui a changé en 2025

L’apprentissage constitue une voie d’insertion privilégiée des jeunes dans l’emploi. Depuis le début de l’année 2025, son cadre juridique et financier a toutefois connu quelques ajustements. Ces évolutions portent à la fois sur le coût de l’apprentissage pour les entreprises et sur le plafond d’exonération des cotisations salariales des apprentis. Jusqu’en 2024, toutes les entreprises […]

DUERP : quel est le rôle du CSE dans son élaboration et sa mise à jour ?

Le document unique d’évaluation des risques professionnels (DUERP) recense l’ensemble des risques auxquels sont exposés les salariés dans l’entreprise. Il constitue le socle de la politique de prévention en matière de santé et de sécurité au travail.Si son élaboration relève de la responsabilité de l’employeur, le comité social et économique (CSE) occupe une place déterminante […]