Planète CSE

CONGRÈS DE LA CFE-CGC : Un dernier mandat pour François Hommeril

Lors du 38e congrès confédéral de la CFE-CGC, qui s’est déroulé au Palais des congrès de Tours, une nouvelle équipe de 32 membres a été élue. Elle est présidée une fois encore par François Hommeril pour un troisième et dernier mandat. Par Aude Aboucaya 

François Hommeril, président réélu de la CFE-CGC © Photo Aude Aboucaya

 « C’est la 4e fois que je me présente à la présidence de la CFE-CGC. Il y a un an, je me suis posé la question : As-tu vraiment envie d’y retourner ? (…) Et la réponse est oui ! Oui, j’ai ce désir. Je ne suis pas fatigué et je n’ai pas dit mon dernier mot ! Ce n’est pas tant l’expérience de la fonction que j’ai à vous offrir mais une envie indépassable de porter pour trois ans l’ambition de la CFE-CGC de devenir encore plus forte », a déclaré François Hommeril, réélu à 93,3 % à la présidence de la CFE-CGC, par les électeurs présents au 38e Congrès de Tours, le 22 mars dernier. Et de poursuivre : « Je suis candidat parce que je suis un militant et rien de ce que vous vivez au quotidien ne m’est indifférent. Je suis animé, comme au premier jour, du même désir de justice et de reconnaissance pour l’encadrement. Dans quelques instants, le congrès de la CFE-CGC élira un trio au service de l’organisation et de l’encadrement pour défendre une doctrine syndicale forte et adaptée aux enjeux de notre monde »

Les congressistes réunis dans l’auditorium du Palais des congrès de Tours, le 22 mars dernier.
Quelques stands du salon réunissant une trentaine d’exposants à l’étage inférieur à l’auditorium où se tenaient en parallèle les plénières et votes (© photo Aude Aboucaya).

Un mercredi 22 mars rassurant pour l’avenir 

Dont acte avec désormais Farida Karad au poste de trésorière nationale. Militante de terrain depuis vingt-deux ans à la Matmut selon ses mots, elle a officié en qualité de déléguée du personnel, élue au CHSCT, déléguée syndicale et secrétaire du CSE. Quant à Jean-Philippe Tanghe, il est le nouveau secrétaire général de la confédération. Il faisait d’ailleurs déjà partie du trio exécutif lors de la dernière mandature et y tenait les fonctions de trésorier national. Le 22 mars, il présentait le rapport financier de l’OS et soulignait sa « capacité d’autofinancement et la gestion prudente de nos actifs ». Si en 2021, l’enjeu pour la CFE-CGC consistait à retrouver les ressources de 2019, le bilan en 2023 est loin d’être à la peine. 

Farida Karad, élue au poste de trésorière nationale CFE-CGC (© photo CFE-CGC).
Jean-Philippe Tanghe, nouveau secrétaire général de la confédération (© photo Aude Aboucaya).

Jean-Philippe Tanghe a garanti « la réalisation de tous les chantiers en régions », insistant sur « un appui logistique durable et la protection des données ». Avant de donner la parole aux congressistes dans la salle, il a clos son allocution sur la rénovation du siège de la rue du Rocher à Paris (17e arrondissement) : « Nous avons donné corps à un projet d’envergure et il reste encore beaucoup de projets en germe. » Ce qui a évidemment suscité des questions dans l’auditorium. Notamment sur le coût, l’emprunt et les travaux liés à la rénovation du siège. « Un chantier de trois ans, a-t-il répondu, avec un ordre de grandeur pour les travaux qui sera validé le 15 avril. » Montant de l’opération ? 10 M€ – dont 6 M€ de prêt – qui s’ajoutent aux frais du déménagement. « La valorisation du bien couvre deux fois l’emprunt, a-t-il rassuré. Avec un crédit à taux variable puis fixe, le financement est pérenne. » 
Sur le volet de la formation, la CFE-CGC a annoncé avoir orchestré 784 stages. Elle enregistre 9 730 stagiaires formés (un « niveau jamais atteint », a indiqué Jean-Philippe Tanghe lors du congrès) et 19 679 jours de formation. 
L’OS n’a pas non plus lésiné sur les dispositifs de communication puisqu’elle compte à son actif 5 tables rondes en présentiel (retransmises en streaming), 10 événements en régions, 6 vidéos thématiques, 18 sites web dédiés pour les unions régionales, 18 régions formées aux réseaux sociaux, 12 magazines, 16 guides, 47 fiches réflexes, 1 classeur CSE, 50 fiches CSA Pôle public. 

Approuvé lors d’un vote à la quasi unanimité, le rapport d’activité présenté par Gérard Mardiné, secrétaire général sortant de la CFE-CGC, lui a valu une standing ovation. Ce dernier s’est félicité d’un « ANI Encadrement entériné fin février 2020, puis d’un ANI Santé en 2021, de la reconnaissance et de la valorisation des compétences de l’encadrement intermédiaire, de la négociation sur le paritarisme, du développement de l’apprentissage sur des segments prépondérants ».

Au micro, Gérard Mardiné, secrétaire général sortant de la CFE-CGC (© photo Aude Aboucaya).

Le bilan est, de surcroît, satisfaisant sur les questions de « développement durable, RSE, IA et inclusivité ». Avant de lancer la série de vidéos thématiques dans lesquelles se sont succédé les secrétaires n a t i o n a u x (Gilles Lecuelle, Jean-François Foucard, Raphaëlle Bertholon, Madeleine Gilbert, Simon-Pierre Policciardi, Mireille Dispot, Pierre Roger), Gérard Mardiné a achevé son discours sur une lutte toujours d’actualité au moment où ces lignes sont écrites : la réforme des retraites et « l’opposition ferme de la CFE-CGC à l’allongement de la durée de cotisation ainsi que le report de l’âge légal du départ à la retraite »

Gilles Lécuelle, ex-secrétaire national CFE-CGC en charge du dialogue social et de la représentativité (© photo Aude Aboucaya).
Jean-François Foucard, secrétaire national CFE-CGC emploi-formation (© photo Aude Aboucaya).
Raphaëlle Bertholon, ex-secrétaire nationale Économie/Industrie/Numérique/Logement (© photo Aude Aboucaya).
Madeleine Gilbert, secrétaire nationale CFE-CGC RSE et développement durable (© photo Aude Aboucaya).

Prenant le relais avant la pause méridienne, François Hommeril a, dans son discours, abordé le sujet brûlant des retraites et du recul de l’âge légal à 64 ans. « Dès le début, nous avons dénoncé la motivation suspecte et déséquilibrée de cette réforme, nous avons démonté son argumentation précaire et l’injustice de son impact, et nous étions dans notre rôle. Exigeants et constructifs, nous le sommes quand nous proposons plus de 20 mesures pour maintenir dans l’emploi les salariés en dernière partie de carrière dont les employeurs ne veulent plus et qui finissent par se résigner à cette alternative… » 

Jeudi 23 mars : débats, happening et votes au menu 

La seconde journée du congrès a débuté avec une table ronde introduite par Anaïs Georgelin, fondatrice de SomanyWays, experte du sens au travail et des générations Y et Z pour débattre des enjeux de dialogue social induits par l’essor du télétravail et du rôle des syndicats dans la mise en place du dispositif. La (re) négociation d’accords télétravail (conditions de travail, équipements mis à disposition par l’employeur, maintien du lien au sein des équipes et du collectif du travail) est un sujet fondamental de dialogue social en entreprise, avec l’implication des organisations syndicales et des élus du personnel. Le débat a été illustré par les interventions de Guy Berthonaud, délégué syndical central CFE-CGC de Safran SA, et de Michel Jouffroy, délégué syndical central CFE-CGC de Coca-Cola Europacific Partners (voir www.cfecgc.org/actualites/ teletravail-et-nouvelle-organisation-du-travail-un-enjeu-syndical). 

Les 1 200 congressistes ont manifesté le 23 mars devant le Palais des congrès de Tours.

Puis, un peu avant midi, en marge du congrès confédéral, une marée humaine blanche de 1 200 congressistes et délégués CFE-CGC, toutes structures confondues, a manifesté massivement contre la réforme des retraites. Des chasubles blanches, banderoles, slogans et coups de sifflet rassembleurs ont fait écho à la 9e journée de mobilisation nationale subséquente au discours d’Emmanuel Macron la veille. Piqués au vif, les congressistes de la CFE-CGC sont tous sortis manifester en fin de matinée. « Nous sommes tous réunis pour le moment de convivialité de notre congrès, mais le président a rajouté de l’huile sur le feu, ce qui n’était pas nécessaire. Même si je les appelle affectueusement les “white blocks”, en allusion à nos couleurs blanches, j’invite nos militants à rester pondérés sur le sujet tout en manifestant comme aujourd’hui ensemble », a résumé Jean-Philippe Tanghe. 

Après un déjeuner bien mérité, les plénières ont repris dans l’auditorium pour procéder à la présentation des candidats puis à l’élection des secrétaires et délégués nationaux (voir photos ci-dessous).

Résultat des votes pour l’élection des délégués nationaux.
Résultat des votes pour l’élection des secrétaires nationaux.

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