Dossier

COVOITURAGE URBAIN L’étude Citygo dévoile des disparités dans les mobilités

En septembre 2022, la plateforme de covoiturage urbain pour les trajets courte distance (100 km maximum) Citygo a publié une étude analysant le lien entre la mobilité en zones périurbaines d’Île-de-France et les inégalités socioéconomiques qui en résultent. En mettant sur une même ligne le temps et les options de transports pour rejoindre Paris depuis ces zones, tout en croisant les revenus médians par habitant ou les taux de chômage, force est de constater que les villes les plus isolées sont aussi celles où l’on relève des niveaux économiques particulièrement faibles.

© photo lorikoenig715 de Pixabay 

L’étude prend pour point de départ la Porte de la Chapelle à Paris pour se rendre dans les villes de Saint-Denis, Villepinte, Aulnay-sous-Bois, Montreuil, Cergy, Vitry-sur-Seine, Choisy-le-Roi, Noisy-le-Grand, ou encore Roissy-en-France.

Transports plus pénibles pour les plus modestes

Les résultats de l’étude sont sans équivoque : les trajets sur ces itinéraires sont en moyenne 9 minutes plus longs en transport en commun qu’en voiture. De surcroît, les itinéraires choisis demandent d’utiliser en moyenne 2,2 modes de transport différents. Pour rejoindre la banlieue, les transports en commun les plus fréquemment utilisés sont le RER, puis le métro et enfin le bus. Enfin, sans surprise, aux heures de pointe, les transports en commun ont la réputation d’être inconfortables et bondés, générant du stress aux usagers (incertitude de pouvoir s’insérer dans un wagon / départ ponctuel). Sur le volet du niveau de vie des usagers, là encore, aucun suspens… « 50 % des villes où le taux de chômage est plus de deux fois supérieur à la moyenne nationale sont moins bien desservies par les transports en commun. Dans la totalité de ces villes, le revenu médian annuel est inférieur au revenu médian national moyen », poursuit l’étude.

Patrick Robinson Clough, CEO de Citygo, dresse un constat alarmant : « Qu’il s’agisse de l’accès aux soins, à l’éducation, aux loisirs, ou encore à la vie associative, il est indispensable de disposer de moyens de transports sûrs, fiables et performants. Or, pour une grande partie de la population résidant en Ile de France et non à Paris, ou toute autre zone périurbaine de grande métropole (Lyon, Marseille, Lille, Bordeaux, etc.), ces trajets relèvent parfois du parcours du combattant : grèves, problèmes techniques, circulation ralentie ou supprimée. Se déplacer devient quasiment un luxe pour de nombreux Français, pénalisés quotidiennement par des transports défaillants, irréguliers ou instables ».

Quid des moyens alloués à la mobilité ?

À Paris, le budget Mobilités est intégré dans Environnement et Propreté* (autrement dit à l’entretien de l’espace public), dont la majorité des financements devrait être allouée à la propreté ; notamment pour l’accueil des touristes et l’image de la ville.

Pour le département du Val-d’Oise**, une enveloppe de 57,7 M€ alloués aux mobilités devraient surtout servir à la rénovation, l’aménagement et l’entretien des routes, selon le site du département). Quant à la Seine-Saint-Denis***, le budget mobilité représente de loin le plus important du département qui englobe l’optimisation des transports pour les personnes vulnérables, les jeunes de 15 à 25 ans dans le cadre de leurs loisirs et la diminution de la pollution. En une unique phrase (section RH du rapport du département), est abordée l’idée d’optimiser la mobilité pour faciliter le retour à l’emploi… Pourtant, il existe « des initiatives régionales lancées en Ile de France, à Lyon, Lille, Marseille, afin d’optimiser au mieux ces trajets et d’intégrer cette partie de la population. Mais prenons juste l’exemple du Grand Paris : de nombreuses villes périphériques seront effectivement plus accessibles, facilitant les parcours quotidiens des habitants. En revanche, il faut bien comprendre que cela entraîne déjà une hausse de l’immobilier, obligeant certains résidents à déménager », souligne Patrick Robinson Clough.

Selon le CEO de Citygo, le covoiturage urbain permettrait de résoudre une partie de ces problèmes. S’appuyant sur la réalité de sa propre communauté, Patrick Robinson Clough indique que « 70 % des utilisateurs de l’application Citygo s’en servent pour se rendre au musée, rejoindre leurs amis, visiter un proche à l’hôpital ou s’assurer d’être à l’heure à une réunion d’information ». Il en conclut quela manière de vivre ces différents moments du quotidien « sera forcément altérée par l’aspect pratique de comment m’y rendre ? Comment rentrer ? ». CQFD…

Sources : *Paris : budget 2022, **Val d’Oise : budget 2022, ***Seine-Saint Denis : Budget / Débat d’orientation budgétaire.

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