
Depuis les résultats des élections européennes et la dissolution de l’Assemblée nationale, un vent de panique s’est emparé de la vie politique. L’actualité est saturée d’invectives entre les différents pôles politiques et chacun expose son analyse sur les origines de cette vague de votes contestataires.
Un acteur prépondérant est pourtant absent des débats : les organisations patronales. Il me paraît incompréhensible que la sphère des « décideurs » économiques ne soit pas plus mise en exergue dans la responsabilité de la montée des exaspérations.
En effet, le refus d’aligner les salaires sur les niveaux d’inflation de ces dernières années a fortement contribué au décrochage du pouvoir d’achat et à la smicardisation des salariés. La faiblesse des évolutions professionnelles (plafond de verre) est aussi un facteur de colère et de résignation. La précarité des contrats qui empêche d’accéder à tout un pan de la vie économique (logement, emprunt…). Leur rejet de toute idée d’une réévaluation des taux de cotisations employeur retraite est clairement un signe qu’ils ne veulent pas prendre leur part à l’effort général social. Le durcissement des conditions d’indemnisation chômage ou de l’Assurance maladie est une remise en cause du pacte de de la Sécurité sociale. La forte explosion des inégalités salariales avec des hauts revenus (qui n’ont jamais été aussi hauts) se rajoute à l’indignation. L’explosion des risques psychosociaux dans les entreprises sont des phénomènes largement ignorés ou, au mieux, minorés.
La liste des maux économiques ayant des conséquences sociales considérables sur la vie des salariés est malheureusement très longue et n’est pas le fruit du hasard : elle provient d’un lobbying intense et permanent des organisations patronales depuis des décennies.
Bien sûr que ce sujet du vote contestataire est complexe mais il serait dommage d’oublier que les organisations syndicales patronales font clairement partie de l’équation, voire qu’elles jouent un rôle central. Que proposent-elles pour contribuer à une réelle, forte et immédiate amélioration de la vie de tous les jours de leurs salariés afin d’éviter le pire lors des prochaines élections ?
Article rédigé par Julien Sportès, président de Tandem Expertise
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