Lutte contre la précarité énergétique : J moins 2 !

Photo : Christophe Robert, directeur général de la fondation Abbé Pierre, lors de la conférence donnée à la presse le 17 novembre (© Aude Aboucaya).

C’est une 2e édition pour cette Journée contre la précarité énergétique qui se tiendra le 24 novembre partout en France. L’un des objectifs poursuivis ? Sensibiliser, accompagner et doter les foyers les plus fragiles d’outils pour lutter contre la précarité énergétique. Une information toujours utile à diffuser au sein des commissions secours du CSE à destination des salariés les plus impactés par l’augmentation des prix de l’énergie.

La Journée contre la précarité énergétique a été initiée en 2021 par une vingtaine d’organismes impliqués dans la prévention de la précarité énergétique, la lutte contre l’exclusion et le réchauffement climatique tels que la Fondation Abbé Pierre, l’Observatoire National de la précarité énergétique, le Secours Catholique, Énergie Solidaire, la fédération Soliha, le Réseau Action Climat ou encore la Fédération nationale des collectivités concédantes et régies (FNCCR).

« La précarité énergétique est la combinaison de 3 facteurs : des ressources faibles, des logements mal isolés, soit des passoires thermiques, et des prix élevés de l’énergie qui créent des tensions », a souligné Christophe Robert, directeur général de la fondation Abbé Pierre, lors de la conférence donnée à la presse le 17 novembre.

Avant la crise, 20 % des ménages en France, soit 12 millions de personnes étaient déjà victimes de précarité énergétique. En dépit des augmentations importantes du prix de l’énergie et de l’impact de la crise pandémique sur les ménages (voir rapport du Secours Catholique publié le 17 novembre), aucune donnée n’est actuellement disponible. Pour autant, certains indicateurs montrent que « la situation s’est tendue : 22 % des foyers français (vs 14 % en 2020) de personnes ont souffert du froid au moins 24 heures dans le logement, pour des raisons financières pour plus d’un tiers des personnes interrogées », a poursuivi Christophe Robert.

Des outils de lutte contre la précarité énergétique…

Un autre indicateur est extrêmement préoccupant : les coupures et réductions d’énergie ont beaucoup augmenté en 2021. « Nous sommes passés de 785 000 en 2021 contre 550 000 en 2020 », a souligné le directeur général de la Fondation Abbé Pierre. En outre, on enregistre 10 à 12 % d’augmentation sur le volet des demandes d’aides alimentaires. « La précarité énergétique a des effets très concrets sur la santé des personnes du fait d’une mauvaise alimentation, de l’inconfort thermique, d’une mauvaise ventilation, de l’humidité ; le tout lié à des pratiques de restriction des ménages qui ne se chauffent plus ».  Il y a quelques années, une étude de la Fondation mettait d’ailleurs en évidence le fait que la précarité énergétique provoquait une sensibilité très forte à des pathologies hivernales, chroniques ou encore des symptômes de dépression.

Pour renverser la vapeur et ne plus faire de la précarité énergétique une fatalité, de nombreux ateliers, colloques, plénières, expositions, soirées d’informations, actions de sensibilisation, balades thermiques, salon du développement durable, conférences et même une pièce de théâtre dispenseront des conseils et de l’information permettant entre autres de réaliser des économies d’énergie. Le programme de la Journée du 24 novembre est disponible ici.

…& des acteurs engagés


Nicolas Nace, chargé de campagne transition énergétique chez Greepeace (© Aude Aboucaya).

« Il existe un lien étroit entre les questions climatiques et la justice sociale. On ne parviendra pas à relever les défis climatiques si on n’intègre pas les inégalités d’accès au logement, à l’alimentation, à la mobilité, au service public… », Nicolas Nace, chargé de campagne transition énergétique chez Greepeace, lors de la conférence de presse du 17 novembre.


Juliette Laganier, directrice générale de la Fédération Soliha (© Aude Aboucaya).

« Il faut informer sur le financement des rénovations permettant d’atteindre le zéro reste à charge. Les 135 organisations qui composent Soliha accompagnent les ménages les plus fragiles dans des logements abordables, économes en énergie et adaptés en France métropolitaines et outre-mer. En 2021, près de 39 000 ménages ont pu être accompagnés dans leur rénovation énergétique », Juliette Laganier, directrice générale de la Fédération Soliha


Bouchra Zeroual, directrice des programmes et du développement au CLER, Réseau pour la Transition énergétique (© Aude Aboucaya).

« Si l’on veut accompagner les ménages dans une transition énergétique juste, partagée et accessible au plus grand nombre, il est nécessaire d’accompagner également les professionnels, c’est-à-dire les acteurs associatifs, mais aussi les collectivités, les métropoles, les départements… C’est tout l’enjeu du réseau RAPPEL, réseau pour la transition énergétique (créé en 2007, sur l’initiative de l’ADEME, de la Fondation Abbé Pierre et du CLER, NDLR) », Bouchra Zeroual, directrice des programmes et du développement au CLER, Réseau pour la Transition énergétique

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