Juridique

Marché de l’emploi : le ralentissement se confirme en 2025 (-10 % d’offres) mais le niveau reste historiquement élevé, selon le baromètre Hellowork

© Freepik

Chaque trimestre, Hellowork, premier acteur digital français de l’emploi et du recrutement, publie son baromètre afin de décrypter l’évolution du marché du travail. En 2025, plus de 10,1 millions d’offres d’emploi (CDI, CDD, intérim et alternance confondus) ont été publiées. Si le marché marque un ralentissement par rapport à une année 2024 historique, il demeure à un niveau élevé, retrouvant le niveau de 2023 et bien au-delà des standards d’avant-crise.

Parmi les enseignements à retenir :  

  • Le marché de l’emploi ralentit mais reste solide : plus de 10 millions d’offres publiées en 2025, malgré un recul de -9,8 % par rapport à une année 2024 exceptionnellement dynamique.
  • Des recrutements plus prudents sur les contrats longs, avec un repli marqué des CDI, tandis que l’intérim joue pleinement son rôle d’amortisseur dans un contexte économique incertain.
  • La santé et les services à la personne demeurent les piliers du marché, portés par des besoins structurels durables sur l’ensemble du territoire.
  • Des tensions de recrutement toujours présentes dans plusieurs secteurs clés, signe d’un marché actif où les besoins en compétences restent forts malgré le ralentissement.

Un marché de l’emploi qui se normalise après plusieurs années exceptionnelles

Après la forte dynamique observée à la sortie de la crise sanitaire, le marché de l’emploi entre en 2025 dans une phase de normalisation. Le ralentissement de la croissance, les tensions géopolitiques persistantes et un contexte budgétaire plus contraint ont conduit les entreprises à ajuster leurs recrutements, sans pour autant remettre en cause leurs besoins structurels en compétences.

Au total, 10,1 millions d’offres d’emploi ont été publiées en 2025, soit une baisse de 9,8 % par rapport à 2024. Ce niveau reste toutefois légèrement supérieur à celui observé en 2023, confirmant que le marché conserve une base solide, bien au-delà des standards d’avant-crise. 

Le recul des volumes s’est principalement concentré sur des périodes traditionnellement sensibles aux arbitrages économiques, au printemps (avril-mai) et en fin d’année (novembre-décembre), traduisant davantage une gestion prudente qu’un coup d’arrêt du marché.

Une fin d’année plus prudente, mais un marché toujours actif

Après un léger tassement au troisième trimestre, le quatrième trimestre 2025 confirme cet ajustement avec une baisse de 15 % sur un an, toutes catégories de contrats confondues. 2,2 millions d’offres ont néanmoins été publiées sur la période, un volume conséquent qui illustre la résilience du marché malgré un climat économique moins favorable.

Cette prudence s’observe principalement sur les recrutements en CDI et en CDD, dans un contexte de visibilité réduite à moyen terme.

« 2025 marque une phase d’ajustement logique après plusieurs années exceptionnelles. Le marché de l’emploi reste solide, porté par des besoins structurels forts, notamment dans la santé et les services. Les entreprises continuent de recruter, pour remplacer les départs (démissions, fins de période d’essai, ruptures conventionnelles) mais de façon plus ciblée et plus sélective, ce qui dessine un marché plus équilibré pour les années à venir, avant l’hiver démographique des années 2030 », analyse David Beaurepaire, Directeur délégué d’Hellowork.

Un décrochage progressif du CDI tout au long de 2025

Le volume d’offres en CDI bascule durablement dans le négatif à partir de l’automne 2024, puis se dégrade tout au long de l’année 2025. Mois après mois, les variations restent orientées à la baisse, avec un repli plus marqué au printemps et une contraction qui se prolonge jusqu’à la fin de l’année. En cumulé sur l’année, le CDI recule de 11 %, avec 4,4 millions d’offres publiées. Cette évolution traduit une prudence accrue des employeurs dans leurs engagements à long terme, dans un contexte économique incertain, sans remettre en cause les besoins structurels de recrutement des entreprises.

Après une fin d’année 2024 très dynamique, les volumes d’offres en CDD marquent un premier tassement en début d’année, avant un décrochage net au printemps. L’été s’accompagne d’un léger rebond, sans parvenir à inverser durablement la tendance. À l’automne, la dynamique se dégrade à nouveau, avec des reculs plus prononcés en novembre et décembre. Au total, les CDD reculent de 10 % sur l’ensemble de l’année, avec 1,2 million d’offres publiées. Cette trajectoire traduit un recours plus opportuniste aux contrats courts, fortement dépendant des cycles d’activité et des ajustements conjoncturels des entreprises.

L’intérim confirme son rôle de variable d’ajustement

Après un début 2024 porteur, la dynamique de l’intérim s’essouffle à partir de l’automne 2024, avant de s’installer durablement en négatif dès le début de l’année 2025. Les reculs mensuels restent réguliers tout au long de l’année, traduisant un ajustement des volumes plutôt qu’un décrochage brutal. Avec 4,2 millions d’offres diffusées, l’intérim affiche un recul plus limité (-8 %) que les autres contrats. Cette trajectoire illustre un recours plus prudent à l’intérim, mobilisé de façon ciblée pour absorber les variations d’activité, sans remise en cause de son rôle clé dans quelques secteurs comme le BTP et certains segments industriels, notamment l’agroalimentaire et l’aéronautique.

L’année 2025 est marquée par un recul plus prononcé des offres en alternance (-12 %) que pour les autres types de contrats (-10%). Cette évolution s’explique en grande partie par les effets de la réforme du financement de l’apprentissage et notamment la réduction des subventions, qui a freiné les projets de recrutement des entreprises. 

Une baisse généralisée sur le territoire

La géographie de l’emploi reste globalement stable. L’Île-de-France (15 % des offres publiées) et l’Auvergne-Rhône-Alpes (14 %) concentrent toujours près d’une offre sur trois à elles deux.

Toutes les régions enregistrent un recul du volume d’offres en 2025, dans des proportions proches de la moyenne nationale, traduisant un ajustement homogène du marché à l’échelle du territoire, avec des baisses de 11 % en Île-de-France et de 10 % en Auvergne-Rhône-Alpes. La Provence-Alpes-Côte d’Azur se distingue par une meilleure résistance (-4 %), portée par la santé et les services à la personne. À l’inverse, la Nouvelle-Aquitaine (-15 %), l’Occitanie (-13 %) et les Pays de la Loire (-12 %) subissent des ajustements légèrement plus marqués, notamment en raison du ralentissement industriel, du BTP et de la baisse des recrutements en ESN.

Du côté des grandes métropoles, le ralentissement du marché de l’emploi est plus marqué qu’au niveau national. Le volume cumulé d’offres dans les dix principales métropoles recule de 12,6 % en 2025. Paris (-12 %) et Lyon (-11 %) enregistrent des baisses proches de la moyenne, tandis que Strasbourg se distingue par une quasi-stabilité (-1 %). À l’inverse, Toulouse (-18 %), Bordeaux (-17 %), Lille (-17 %) et Nantes (-16 %) subissent des ajustements plus prononcés.

Santé et services à la personne : les piliers du marché en 2025

Dans un contexte moins porteur, la santé et les services à la personne confirment leur rôle central. Hors intérim, ces filières concentrent respectivement 13 % et 12 % des offres et affichent une quasi-stabilité sur un an (-0,9 %), soutenues par des besoins structurels durables. À l’inverse, les fonctions RH/formation (-33 %), marketing/communication (-30 %), certaines spécialités de l’ingénierie et de l’industrie enregistrent des baisses significatives.

L’intérim toujours porté par le BTP et l’industrie

En 2025, l’intérim demeure largement dominé par le BTP (23 % des offres) et l’industrie (22 %). Si le BTP parvient à contenir le repli sur l’année (-3,7 %), d’autres filières sont davantage sous pression, en particulier la logistique, la supply chain et le transport (-18 %), la production et la maintenance (-11 %) ainsi que l’ingénierie industrielle (-8 %). La fin d’année laisse toutefois entrevoir une reprise ciblée dans certains segments industriels, notamment grâce aux secteurs de l’agro-alimentaire et de l’aéronautique. 

Infirmier, aide-ménager et aide-soignant : les métiers qui recrutent le plus en 2025 

En 2025, les métiers de la santé et du service à la personne restent les plus recherchés, avec en tête les infirmiers, aides-ménagers et aides-soignants. 

En CDI, la demande se concentre également sur la comptabilité (collaborateurs et assistants comptables) et la maintenance industrielle (techniciens), tandis qu’en intérim, les besoins restent forts dans l’industrie (caristes, opérateurs de production), la logistique (préparateurs de commande) et le BTP (maçons). 

Des tensions de recrutement toujours bien présentes

Malgré le ralentissement, les tensions de recrutement persistent dans plusieurs secteurs clés : construction, santé, services à la personne, enseignement et industrie. À l’opposé, les métiers de la communication, du marketing et des médias apparaissent particulièrement concurrentiels pour les candidats, avec un volume d’offres réduit et un nombre élevé de candidatures par poste.

Source : Communiqué de presse – HelloWork

Publicités

La News de Social CSE

Tous les mois recevez gratuitement l'essentiel de Social CSE + des invitations en avant-première à nos événements premium