
- Seuls 6 % des Français connaissent précisément les obligations de leur employeur
- Canicules répétées : 79 % des actifs prêts à agir pour obtenir ventilation, rafraîchissement ou aménagement des postes
- Chaleur dangereuse au travail : 29 % alerteraient d’abord leur manager, mais seulement 5 % le médecin du travail et 4 % l’inspection du travail
Les fortes chaleurs ne sont plus seulement un sujet de confort au travail : elles deviennent un enjeu de droit, de prévention et de responsabilité pour les entreprises. Depuis le renforcement du cadre réglementaire, les employeurs doivent mieux anticiper les épisodes de chaleur, adapter l’organisation du travail et protéger concrètement les salariés exposés. Pourtant, les Français savent-ils vraiment qui doit agir, qui contacter, quels recours existent et quelles démarches entreprendre en cas de danger ?
OberA a mené l’enquête auprès de 3 216 actifs en France afin de mesurer le niveau d’information du grand public et des professionnels sur un sujet qui pourrait devenir l’un des grands débats sociaux des prochains étés.
« Les fortes chaleurs ne sont plus un aléa exceptionnel ni un simple inconfort passager. Elles posent désormais une question très concrète aux entreprises : comment protéger les salariés lorsque les températures rendent le travail difficile, voire dangereux ? Ce que montre notre enquête, c’est le décalage entre un cadre légal qui se renforce et des actifs qui ne savent pas toujours quels sont leurs droits, à qui s’adresser ou quelles mesures demander. L’enjeu, pour les employeurs, n’est pas seulement d’être en conformité : c’est de rendre la protection visible, compréhensible et effective sur le terrain. Cela peut effectivement passer par de petits actes rapides comme l’organisation du travail, l’accès à l’eau, mais surtout par des solutions concrètes et efficaces de rafraîchissement et de ventilation, qui permettent d’apporter une réponse pérenne et adaptée dans les locaux exposés à la chaleur. » Thibaut SAMSEL, dirigeant et fondateur d’OberA
Un cadre légal très méconnu
Il existe une très forte méconnaissance des obligations légales des employeurs en cas de fortes chaleurs au travail. En effet, seuls 6 % des répondants déclarent connaître précisément ces obligations, et 18 % les connaître seulement dans les grandes lignes. Au total, à peine 24 % des salariés disposent donc d’un niveau d’information, même partiel, sur le sujet.
De ce fait, 76 % des répondants expriment une connaissance floue, erronée ou inexistante du cadre légal. Dans le détail, 21 % savent seulement que l’employeur doit « protéger les salariés », 16 % pensent que cela relève surtout du bon sens plutôt que du droit, 13 % découvrent l’existence de nouvelles obligations, 11 % pensaient qu’il n’existait aucune obligation spécifique, 9 % croyaient que ces règles concernaient uniquement les métiers en extérieur et 6 % ne peuvent même pas répondre à cette question.

Quel contrôle en priorité pour les salariés ?
Pour les Français, le contrôle prioritaire doit d’abord porter sur les mesures les plus concrètes : l’accès à de l’eau fraîche pour 22 % des répondants, tout juste devant la ventilation ou le rafraîchissement des locaux à 21 %, et l’adaptation des horaires à 13 %.
Fait intéressant, les mesures administratives ou de prévention formelle arrivent nettement derrière, avec seulement 2 % pour la mise à jour du DUERP et 5 % pour l’information des salariés, alors qu’elles font pourtant partie du socle réglementaire.

Qui est contacté en cas de trop forte chaleur ?
Face à une chaleur jugée dangereuse au travail, le premier réflexe des Français reste basique et très majoritairement tourné vers la hiérarchie et l’interne. Ainsi, 29 % contacteraient leur manager direct, 15 % en parleraient d’abord à leurs collègues et 9 % aux ressources humaines.
Les acteurs spécialisés de la santé et du droit du travail restent donc très peu identifiés en premier recours : seulement 5 % citent le médecin du travail ou le service de prévention et de santé au travail, 4 % l’inspection du travail, et 4 % le référent santé-sécurité.

Quelle démarche est la plus appropriée ?
En cas de forte chaleur au travail, les salariés privilégient d’abord des actions simples : 21 % demandent immédiatement de l’eau fraîche, une pause, un changement de poste ou une adaptation d’horaire, devant le signalement oral au supérieur, à 18 %, et l’envoi d’un écrit au manager ou aux ressources humaines, à 13 %.
Les actions plus revendicatrices restent assez minoritaires : seuls 10 % citent le droit de retrait, 5 % l’inspection du travail et 1 % les réseaux sociaux.

Un droit de retrait synonyme de danger
Pour 31 % des Français, le droit de retrait en cas de forte chaleur ne survient que lorsque la santé est en jeu, avec l’apparition de malaises, vertiges, nausées, confusion ou épuisement.
Cependant, les manquements concrets de l’employeur arrivent juste derrière : absence d’eau fraîche (15 %), poste exposé sans protection (14 %), refus d’adapter les horaires ou les tâches (12 %). Ces trois situations totalisent 41 % des réponses et montre que, pour beaucoup de Français, le droit de retrait ne devrait pas dépendre seulement d’un niveau de température, mais surtout de l’absence de mesures concrètes pour protéger les salariés.

Quelles sanctions pour l’employeur ?
Face aux manquements des entreprises en période de fortes chaleurs, les Français privilégient d’abord l’efficacité immédiate. En effet, 25 % citent l’obligation de mettre en place sans délai des mesures correctives, devant la sanction financière, à 17 %, et le contrôle de l’inspection du travail, à 13 %.
Les réponses plus indulgentes sont très minoritaires : seulement 6 % se contenteraient d’un simple rappel à l’ordre, 2 % n’envisageraient une sanction qu’en cas d’accident grave, et 1 % estimeraient qu’aucune sanction ne doit s’appliquer car les entreprises subissent aussi la météo.

Des droits mal connus et des environnements sous-estimés
18 % des Français estiment que les salariés ne connaissent pas leurs droits et que cela correspond au premier problème, devant la méconnaissance des obligations par les employeurs (13 %).
Les Français ne réduisent pas le sujet aux métiers en extérieur. Les bureaux, entrepôts, ateliers, cuisines, commerces et usines totalisent 20 % des réponses, ce qui montre que l’opinion perçoit aussi un risque de sous-estimation des environnements intérieurs ou semi-intérieurs exposés à la chaleur.

79 % des salariés prêts à faire pression sur leur entreprise
En cas de canicules répétées, près de huit actifs sur dix se diraient prêts à agir d’une manière ou d’une autre pour obtenir des modifications de leur environnement de travail, une meilleure ventilation, un rafraîchissement des locaux ou un aménagement des postes.
Il est intéressant de noter que l’action collective ressort comme un levier important : 12 % seraient prêts à se regrouper avec d’autres salariés, soit presque autant que ceux qui feraient une demande officielle à l’employeur, 15 %. À l’inverse, 16 % expriment une forme de blocage ou de résignation avec une peur d’agir, une crainte de représailles ou le sentiment que cela ne changerait rien.

*Méthodologie :
Enquête réalisée en ligne du 5 au 12 juin 2026 auprès d’un échantillon national de 3 216 actifs occupés âgés de 18 ans et plus, résidant en France. L’échantillon a été constitué selon la méthode des quotas, puis redressé par pondération, afin d’assurer sa représentativité au regard de la population active occupée en France. Les quotas ont porté sur le sexe, l’âge, la région, la catégorie socio-professionnelle, le statut professionnel, la taille de l’entreprise et le secteur d’activité.
Les résultats ont été pondérés à partir de données de référence de l’Insee relatives à la structure de la population active occupée. Le recueil a été effectué via un dispositif de collecte en ligne reposant sur un panel de répondants et des sollicitations électroniques ciblées.
Secteur d’activité déclaré par les répondants pour leur employeur ou leur activité principale :
Secteur primaire (agriculture) : 3 %
Secteur secondaire (Industrie, BTP) : 22 %
Secteur tertiaire (commerce, distribution, banque, hôtellerie, restauration) : 43 %
Secteur quaternaire (informatique, R&D, ingénierie) : 13 %
Secteur public (santé, éducation, collectivités) : 19 %
Source : Communiqué de presse – OberA