
Crise au BHV Marais et en province : l’alerte rouge est lancée face à un « naufrage social » imminent
Rien ne va plus derrière les vitrines historiques de la rue de Rivoli à Paris et dans les magasins de province. Dans un communiqué de presse coup de poing publié ce lundi 6 juillet 2026, la CFE-CGC et l’intersyndicale tirent la sonnette d’alarme : le grand magasin fait face à une faillite sociale d’une gravité inédite. Droits fondamentaux piétinés, dettes explosives et menaces sur l’avenir des salariés… Décryptage d’une crise qui couve.
Une opacité financière aux lourdes conséquences
L’inquiétude grandit parmi les équipes du BHV. Au-delà du flou financier persistant qui entoure la cession des actifs par Frédéric Merlin (SGM) à la holding de Karl-Stéphane Cottendin, c’est désormais une véritable crise sociale qui éclate au grand jour.
La dette sociale accumulée par l’entreprise est aujourd’hui jugée critique et attaque directement le quotidien ainsi que l’avenir des collaborateurs :
- Impayés URSSAF : Les cotisations obligatoires ne sont plus honorées, plongeant l’entreprise dans l’illégalité.
- Menace sur la santé : Des retards de paiement font peser un risque imminent de radiation ou d’arrêt des garanties de soins par la mutuelle et la prévoyance, pouvant laisser les salariés sans couverture médicale.
- Retraites bloquées : Les points de retraite complémentaire ne sont plus validés, spoliant directement l’avenir des équipes.
Dégradation des conditions de travail : l’Inspection du Travail saisie
Sur le terrain, les conditions de travail et de sécurité se sont effondrées. Faute de paiement des factures des anciens prestataires, l’établissement subit une valse incessante d’entreprises de ménage et de sécurité low-cost. Parallèlement, la médecine du travail est en rupture totale alors même que les risques psychosociaux explosent chez les salariés.
Devant la gravité de ces manquements, l’Inspection du Travail a été saisie en urgence pour mener un audit approfondi. La Mairie de Paris s’est également pleinement mobilisée pour suivre l’évolution de la situation heure par heure.
« Les cadres, agents de maîtrise et l’ensemble des équipes ont porté le BHV à bout de bras. Nous serons vigilants à ce qu’aucune décision ne vienne fragiliser la situation sociale des salariés » prévient le syndicat.
Les 4 revendications fermes de l’intersyndicale
Pour stopper ce qu’ils qualifient de « naufrage », la CFE-CGC et l’intersyndicale exigent des mesures immédiates :
- La régularisation intégrale et immédiate de la dette sociale (URSSAF, mutuelles, caisses de retraite).
- Le maintien strict de 100 % des emplois, du statut social et des acquis, aussi bien à Paris qu’en province.
- Une transparence financière totale concernant le business plan du repreneur avant toute validation définitive.
- Des conditions d’hygiène et de sécurité dignes d’un grand magasin.
L’appel est lancé pour ne pas laisser mourir le BHV et les droits de ses salariés dans l’indifférence.
Source : Communiqué de presse – CFE-CGC BHV