
Les cancers liés aux expositions professionnelles constituent un enjeu important de santé au travail. À la suite de travaux présentés par le CNRS le 30 septembre, la FNATH alerte sur l’écart entre le nombre de cancers reconnus comme professionnels et les estimations du nombre réel de cas liés à l’activité professionnelle.
Selon l’association, moins de 1 800 cancers d’origine professionnelle sont reconnus chaque année par la Sécurité sociale, alors que plusieurs dizaines de milliers pourraient être concernés. La FNATH souligne également que les femmes représentent seulement 4 % des cas de cancers professionnels reconnus.
Une sous-reconnaissance qui a également des conséquences financières
La question de la reconnaissance des maladies professionnelles concerne également le financement de leur prise en charge.
La dernière commission chargée d’évaluer la sous-déclaration des accidents du travail et des maladies professionnelles estime entre 2 et 3,8 milliards d’euros par an les dépenses qui seraient prises en charge par la branche maladie alors qu’elles pourraient relever de la branche accidents du travail-maladies professionnelles (AT-MP).
La FNATH estime que cette situation contribue à faire supporter à l’Assurance maladie une partie des coûts liés aux conséquences des expositions professionnelles.
La prévention au cœur des enjeux pour les entreprises
Au-delà de la reconnaissance des maladies, ces données mettent en lumière l’importance de la prévention des expositions professionnelles, notamment lorsqu’elles concernent des substances ou agents susceptibles d’être cancérogènes.
La silice cristalline constitue l’un des exemples cités par la FNATH. En 2019, l’Anses avait notamment identifié un risque de cancer bronchopulmonaire associé à l’exposition professionnelle à cette substance. La FNATH demande aujourd’hui la publication d’un tableau de maladie professionnelle permettant de faciliter la reconnaissance des cancers concernés.
Dans les entreprises, la prévention des risques professionnels relève notamment du dialogue entre employeur, salariés et représentants du personnel. Le CSE, et le cas échéant la CSSCT, disposent à ce titre de missions en matière de santé, de sécurité et de conditions de travail. Ils peuvent notamment contribuer à l’identification des risques, à l’analyse des conditions de travail et au suivi des mesures de prévention mises en place par l’employeur.
La FNATH demande des mesures supplémentaires
Dans le cadre de l’examen du projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2027, la FNATH demande notamment la mise en place d’un plan national contre la sous-déclaration des maladies professionnelles, l’accélération de la création et de la révision des tableaux de maladies professionnelles ainsi qu’un renforcement de la prévention et de la traçabilité des expositions aux agents cancérogènes.
Source : La FNATH