
Des entreprises employant beaucoup de salariés ont récemment réduit les jours de télétravail, à commencer par la Société générale (lire Social CSE 140), mais les employeurs n’ont pas modifié leur organisation, constate une étude de l’Apec réalisée auprès de 2 000 cadres et de 1 000 entreprises, publiée en mars.
9 % de TPE et PME interrogées par l’association pour l’emploi des cadres ont réduit le nombre de jours de télétravail autorisés. Et 13 % prévoient de réviser les modalités du télétravail au cours des douze prochains mois. Les employeurs restent convaincus qu’ils ont davantage à gagner avec cette organisation, en matière de productivité (45 %) et de QVCT (67 %). Et ils craignent les effets délétères d’une réduction du nombre de jours de télétravail sur l’attractivité (38 %), la motivation (33 %) et la rétention de leurs cadres (23 %). Ils n’ont pas tort, car la grande majorité (74 %) des cadres seraient mécontents si leur employeur réduisait leurs jours de télétravail.
Près d’un télétravailleur sur deux envisagerait même de changer d’entreprise en cas de suppression du télétravail. Il n’en reste pas moins que les cadres sont nombreux (47 %) à anticiper une évolution de leurs modalités de télétravail, indépendamment du nombre de jours autorisés. Des évolutions qui pourraient affecter la flexibilité de l’organisation du travail ; 61 % des cadres rapportent qu’ils peuvent actuellement changer leurs jours de télétravail chaque semaine ou les modifier en cas d’imprévu (47 %). « Or, cette liberté dans l’organisation de leur travail est un avantage essentiel aux yeux des cadres, un pilier identitaire désormais associé aux possibilités de travail hybride », meurent les auteurs.
Article rédigé par Emmanuel Franck