La Cour de cassation recadre le CSE d’un hypermarché Carrefour à Marseille dans un dossier de location-gérance

La Cour de cassation a rendu le 19 novembre 2025 un arrêt important dans l’affaire opposant la société Carrefour Hypermarchés et le comité social et économique (CSE) de l’un de ses hypermarchés marseillais. 

🔎 Contexte

Carrefour possède près de 200 hypermarchés, dont une partie est exploitée en propre, l’autre en « location-gérance ». Pour l’hypermarché concerné, le CSE d’établissement — alerté par le projet de mise en location-gérance — avait voté le 19 février 2024 une demande d’expertise, convaincu qu’il s’agissait d’un « projet important » au sens de l’article L. 2315-94 du code du travail.

⚖️ La position de Carrefour

La société avait saisi la justice, demandant l’annulation de cette délibération. Carrefour estimait qu’en l’espèce, le recours à l’expertise n’était pas justifié : selon elle, un CSE d’établissement ne peut faire appel à un expert lorsque le projet relève d’une décision au niveau national ou de groupe — sauf si des mesures spécifiques sont prévues pour l’établissement concerné. Or, ici, l’entreprise s’appuyait sur un accord de groupe (du 7 juin 2018, modifié en 2022) définissant les modalités du passage en location-gérance, ce qui, selon elle, excluait la compétence du CSE local.

💬 La réaction de la Cour de cassation

La Haute juridiction a accueilli le pourvoi de Carrefour, estimant que le CSE local avait outrepassé ses compétences. En l’absence de mesures d’adaptation spécifiques à l’établissement, le recours à une expertise ne pouvait pas être validé simplement au motif que le projet de location-gérance constituait « important ».

🔄 Conséquences et portée

Cet arrêt marque un tournant pour les CSE d’établissements concernés par des projets du type location-gérance décidés au niveau national ou groupe. Il limite la capacité des CSE locaux à demander une expertise dès qu’un modèle global est appliqué — comme celui défini par accord de groupe. Pour Carrefour, c’est une confirmation de la validité de son modèle de gestion mixte (exploitation directe + location-gérance).

Mais pour les représentants du personnel et certaines organisations syndicales (notamment CFDT Services), cette décision est inquiétante : depuis 2018, des centaines de magasins ont basculé en location-gérance, entraînant la sortie d’environ 27 000 salariés des effectifs du groupe, avec des suppressions d’avantages sociaux et des conditions de travail dénoncées comme dégradées. 

Source : Nice Matin, Boursorama

Des documents volés à l’employeur peuvent être utilisés devant le juge

Quand il n’y a pas d’autres moyens de prouver des faits, un salarié peut produire en justice des documents volés dans l’ordinateur de son employeur. Ainsi en a décidé la Cour de cassation dans un arrêt du 1ᵉʳ avril 2026. Dans cette affaire, un salarié témoignait contre le dirigeant de son entreprise pour des faits […]

Élus, on vous attend pour le grand Komitê !

Le 13 octobre, la rédaction de Social CSE attend ses lecteurs, ses abonnés et tous ceux concernés par les problématiques des IRP au Poinçon, à Paris, pour une journée qui promet de ne pas ronronner. Le Grand Komitê réunit experts et invités autour de sujets qui collent sérieusement à la réalité du terrain : violences […]

La faute inexcusable : Un enjeu indemnitaire important pour les victimes

Le manquement à l’obligation légale de sécurité et de protection de la santé à laquelle l’employeur est tenu envers le travailleur a le caractère d’une faute inexcusable si l’employeur avait ou aurait dû avoir conscience du danger auquel était soumis le salarié et qu’il n’a pas pris les mesures nécessaires pour l’en préserver (Cass. 2e civ. 8 […]