Négociation collective : Les entreprises ont davantage négocié en 2024

two-human-outlines-against-shuttered-office-window-sitting-opposite-each-other-negotiating
© pressfoto on Freepik

Pour bénéficier d’une négociation, mieux vaut être un salarié d’une grande entreprise de l’industrie avec des syndicats organisant des conflits. La Dares a rendu public, le 23 avril, le bilan de la négociation collective en entreprise en 2024. Il ressort que les entreprises ont davantage négocié qu’en 2023 (17,2 % ; + 1 point) mais, le cas échéant, qu’elles ont moins souvent signé un accord (83,7 % ; -3,2 points). La propension d’une entreprise à négocier un accord dépend de son secteur [on négocie bien plus dans l’industrie (26 %) que dans l’hôtellerie-restauration (5 %)] et de sa taille (95 % des entreprises de plus de 500 salariés ont négocié un accord en 2024 ; 9,8 % de celles de moins de 50). Mais c’est surtout la présence d’instances de représentation du personnel (IRP) qui fait la différence. Quand 81 % des sociétés avec des syndicats ont négocié un accord en 2024, 27 % de celles ayant seulement des élus l’ont fait, et moins de 2 % de celles n’ayant aucune IRP. À noter que parmi les 2,1 % d’entreprises ayant connu un conflit, 73 % ont engagé des négociations. La Dares signale la concomitance mais sans faire le lien entre conflictualité et négociation. Les auteurs de l’étude rappellent, en outre, que « la capacité de négociation comme celle de mobilisation des salariés supposent la présence d’interlocuteurs, tels que les syndicats ».

La Dares n’avance pas d’explication à la hausse du nombre d’entreprises ayant négocié. Signalons cependant que cette hausse est davantage marquée dans celles ne disposant que d’un CSE (+ 2,9 %) que dans celles avec des syndicats (+ 0,4 point). Celles sans IRP ont moins négocié (- 0,4 point), mais elles emploient en fait peu de salariés. Et lorsqu’il n’y a aucune négociation, les entreprises expliquent (46 %) que c’est parce qu’elles ont appliqué directement un accord de branche ou parce qu’il n’y avait pas de représentant du personnel (41,5 %). Les salaires et les primes restent les sujets de négociation les plus fréquemment abordés (10,3 %), devant l’épargne salariale (6,8 %), le temps de travail (5,4 %) et les conditions de travail (4,2 %). La représentation du personnel a été, en revanche, moins abordée (2,5 % ; – 2,3 points), 2024 marquant la fin d’un cycle de renouvellement des CSE.

Si le nombre de négociations progresse, celles-ci aboutissent en revanche moins souvent à un accord. Le taux d’aboutissement d’une négociation dépend, lui aussi, de la taille de l’entreprise (93 % pour celles de plus de 500 salariés ; 80 % dans les moins de 50 salariés) et de la présence d’un syndicat (88,6 % dans ce cas ; 83 % lorsqu’il n’y a qu’un CSE ; 50 % quand il n’y a aucune IRP).

Article rédigé par Emmanuel Franck

Syndicats : La saison des congrès

Ce printemps 2026, quatre des cinq organisations syndicales représentatives au niveau national ont élus leurs instances dirigeantes. Continuité et féminisation s’imposent à la tête des confédérations. Force ouvrière a ouvert la saison le 20 avril à Dijon. Seul candidat, Frédéric Souillot a été réélu au poste de secrétaire général pour un deuxième mandat qui court […]

IA en entreprise : Opportunité ou menace pour les salariés ? L’UNSA tranche chez CDC Habitat

« Si la direction instille de l’IA dans nos outils, le CSE doit être informé » Les entreprises utilisent de plus en plus les intelligences artificielles (IA), dont les incidences se font parfois lourdement sentir sur les métiers des salariés. Ces nouvelles technologies devraient logiquement faire l’objet d’une consultation du CSE, mais les directions arguent […]

Travail dissimulé : 1,5 Md €, soit le montant record de redressement effectué par l’Urssaf

L’Urssaf a pour objectif d’atteindre 5,5 Md € de redressement pour la période 2023-2027, grâce notamment aux missions de contrôle sur pièces de ses 1 550 inspecteurs et 220 contrôleurs assermentés. Les redressements déjà enregistrés sur les trois premières années s’élèvent à 4,3 Md €, avec un montant moyen annuel double de celui observé sur […]