
La directive sur la transparence salariale est considérée comme une avancée vers davantage d’équité mais elle suscite des inquiétudes chez les DRH, selon un sondage OpinionWay réalisé notamment pour l’éditeur Lamy Liaisons auprès de 1 000 salariés et 200 DRH, daté de février. Cette directive européenne doit être transposée en droit français d’ici au 7 juin après concertation avec les partenaires sociaux. Parmi les pistes, l’affichage obligatoire d’une fourchette de salaire dans les offres d’emploi et la communication d’informations comparatives sur les rémunérations à travail égal dans l’entreprise.
Mal connue des salariés et DRH, cette directive est perçue par 54 % des premiers et 57 % des seconds comme une avancée vers plus d’équité. DRH (77 %) et employés (71 %) considèrent que ces nouvelles obligations favoriseront une réduction des écarts de rémunération femmes-hommes à compétences égales.
Une fois la transparence en place, 40 % des salariés déclarent qu’ils s’en serviront pour se comparer à leurs collègues directs, mais rarement (13 %) à leur P-DG. Les DRH (70 %) craignent que cette réforme suscite des tensions entre collaborateurs. Certains estiment ainsi que des situations salariales héritées du passé pourraient être brutalement remises en cause. En février aussi, l’ANDRH a demandé que la directive soit mise en place progressivement. En commençant par la partie sur la transparence au recrutement, avec un état des lieux en 2027 avant d’envisager une extension des obligations et en adoptant une démarche inspirée de l’Index égalité existant.
Article rédigé par Emmanuel Franck