Violences conjugales : L’asso 125 & après et Émilie Meridjen unies pour faire de l’entreprise une « safe place »

Les violences conjugales touchent des victimes qui sont aussi des salariées issues de toutes les classes sociales. Bien évidemment la précarité financière, les appartements exigus… peuvent être des facteurs « favorisants », mais cela touche aussi les CSP+. Des hommes sont aussi concernés, et il est encore plus difficile de les quantifier du fait de puissants stéréotypes de genre à l’encontre des hommes victimes de violences conjugales.

Voilà les constats faits par l’association 125 et après. Émilie Meridjen, avocate associée en droit social au sein du cabinet Sekri Valentin Zerrouk relève un paradoxe : l’entreprise serait concernée par la vie privée des salariés ! « (…) Depuis plusieurs années, nous constatons un dévoilement de l’intime (orientation sexuelle, engagement politique…) à la faveur des réseaux sociaux et donc accessible par l’employeur, les collègues. Que doit faire l’entreprise quand elle reçoit des alertes et des témoignages ? Comment aider intelligemment tout en restant à sa place d’employeur ? (…) Le télétravail vient complexifier le sujet car parfois c’est sur le lieu de travail à domicile que peuvent s’exercer des violences conjugales ! L’entreprise doit être cette safe place (…) qui peut donner aux victimes des moyens d’agir pour s’en sortir. L’entreprise a tout à y gagner (…) ! », observe Émilie Meridjen. « En adoptant 3 des 60 actions possibles proposées par le Mouvement Safe Place, l’entreprise peut, sans coût supplémentaire, changer la vie de ses salariés impactés et sauver des vies », déclare Sarah Barukh, présidente de l’association 125 et après.

VIOLENCES
Photo : De g. à d. : Sarah Barukh, présidente de l’association 125 et après et Émilie Meridjen, avocate associée au cabinet Sekri Valentin Zerrouk

Que peut faire l’entreprise concrètement ? Adhérer au Mouvement Safe Place, ce qui permet de bénéficier d’un interlocuteur du milieu associatif pour aider l’entreprise et auquel les victimes peuvent s’identifier. Parmi les 60 actions proposées par le Label Safe Place, des mesures simples peuvent être mises en place comme :

  • installer dans les toilettes un QR code qui mène à un questionnaire permettant de savoir si l’on est potentiellement victime de violences conjugales ;
  • définir un référent dans l’entreprise qui puisse avoir une oreille attentive et une formation adaptée à cette situation ;
  • faire des formations et des présentations de sensibilisation au sujet
  • permettre à la victime de pouvoir prendre son indépendance en instaurant financièrement la règle que les salaires ne peuvent être versés que sur un compte personnel et pas un compte joint ;
  • en permettant sur le temps de travail d’aller déposer plainte en laissant son portable géocalisé au bureau et sans que cela n’apparaisse sur les feuilles de paye comme la pose d’une une demi-journée par exemple.

L’association 125 et après, composée d’anciennes victimes de violences, propose un accompagnement humain pour interagir en toute discrétion avec les victimes, et permettre à l’entreprise de remplir son rôle de prévention, d’alerte et ainsi d’être une safe place.

Article rédigé par Aude Aboucaya

Retrouvez l’équipe du magazine Social CSE sur plusieurs événements CSE

📅 C’est la rentrée ! C’est parti pour une rentrée placée sous le signe des rencontres ! Retrouvez notre équipe sur plusieurs événements CSE : 📍 15 septembre – Péniche du Concorde Atlantique, Paris : Avec Ecodia Marquant, qui accueillera les élus pour une journée rythmée par des mini-conférences, ateliers et quiz interactifs, autour des sujets qui vous […]

Le 15 septembre : Montez à bord du Concorde Atlantique pour une journée spéciale CSE

Chers élus, Nous avons le plaisir de vous convier à une journée spéciale, gratuite et réservée aux élus, organisée par Ecodia Marquant, Vaziva, JDS Avocats, Mozaik (Toutapprendre) et la Cave des CE. Le magazine Social CSE est partenaire de l’évènement et offrira aux élus présents les derniers numéros. Nous vous attendons mardi 15 septembre 2026 […]

Des documents volés à l’employeur peuvent être utilisés devant le juge

Quand il n’y a pas d’autres moyens de prouver des faits, un salarié peut produire en justice des documents volés dans l’ordinateur de son employeur. Ainsi en a décidé la Cour de cassation dans un arrêt du 1ᵉʳ avril 2026. Dans cette affaire, un salarié témoignait contre le dirigeant de son entreprise pour des faits […]